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Les programmes à l’épreuve de la réalité économique

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Article 2

L’économie en quête de sens

À l’approche du 12 octobre 2025, le Cameroun se trouve à un carrefour économique décisif. Les programmes des candidats à la présidentielle s’affichent comme des promesses d’avenir, mais face à une réalité économique complexe, leur mise en œuvre soulève des interrogations majeures. Cet article analyse les propositions économiques des principaux candidats, en les confrontant aux défis structurels du pays, dans un cadre rigoureux et factuel.

Le statu quo : Paul Biya et le RDPC

– Vision 2035 : Un mirage en devenir ?

Le Président sortant, Paul Biya, brigue un huitième mandat avec la promesse de poursuivre la Vision 2035. Cependant, les objectifs d’émergence, d’industrialisation et de gouvernance restent largement inachevés. Le Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM) souligne des retards préoccupants dans la réalisation de ces ambitions.

 Les attentes du secteur privé

Le GECAM appelle à un sursaut économique, insistant sur la nécessité d’améliorer le climat des affaires, de renforcer le système fiscal et d’accélérer le développement des infrastructures. Les entreprises exigent des réponses concrètes aux défis tels que la corruption, la lenteur administrative et l’accès au financement.

Les alternatives : Les programmes des candidats de l’opposition

Cabral Libii (PCRN) : Rupture et progrès

Cabral Libii, député et Président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), propose une rupture stratégique avec le système actuel. Son programme met l’accent sur la gouvernance transparente, la décentralisation, la réforme fiscale et la promotion de l’entrepreneuriat local, tout en renforçant la lutte contre la corruption.

 Hiram Samuel Iyodi (FDC) : Libérer le Cameroun

Hiram Samuel Iyodi, candidat du Front des Démocrates Camerounais (FDC), met en avant un programme axé sur la réforme de la gouvernance, la valorisation des ressources locales, la réduction du gouvernement et la fin de la crise dans les régions anglophones. Sa vision pragmatique cible les besoins immédiats des populations.

 Bello Bouba Maïgari (UNDP) : Refondation de l’État

Bello Bouba Maïgari, ancien ministre et Président de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP), propose une refondation économique et institutionnelle, avec un accent sur la transparence, la décentralisation et la promotion de l’agriculture et de l’industrie locale. Son programme vise à reconstruire l’État sur des bases solides et à stimuler l’investissement national.

Joshua Osih (SDF) : « Rescue Cameroon »

Joshua Osih, du Social Democratic Front (SDF), met l’accent sur la justice sociale et la décentralisation. Ses mesures incluent la gratuité des documents administratifs essentiels, l’éducation gratuite jusqu’au secondaire, la revalorisation du salaire minimum et une amnistie pour les détenus politiques, tout en prônant un engagement panafricain.

Issa Tchiroma Bakary (FSNC) : Le peuple au pouvoir

Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre, plaide pour un fédéralisme soumis à la souveraineté populaire, une redistribution des richesses et une réconciliation nationale inclusive, rompant avec le statu quo.

Hermine Patricia Tomaïno Ndam Njoya (UDC) : Gouvernance locale et inclusion

Hermine Ndam Njoya met l’accent sur la gouvernance locale, l’inclusion des femmes et des jeunes, ainsi que le développement des infrastructures rurales. Elle plaide pour une allocation transparente des ressources et des budgets publics.

Seta Caxton Ateki (PAL) : Unité nationale et souveraineté économique

Seta Caxton Ateki propose un programme axé sur l’unité nationale, la sortie de la crise anglophone, l’indépendance économique et la réduction de la dépendance vis-à-vis du FMI. Il insiste sur la lutte contre le chômage des jeunes et la sortie du franc CFA.

Serge Espoir Matomba (PURS) : Progrès et inclusion

Serge Espoir Matomba, candidat du Parti Uni pour le Renouveau Social (PURS), met en avant un programme axé sur l’inclusion sociale et économique. Il promeut le développement des PME, la diversification de l’économie, la création d’emplois pour la jeunesse et la valorisation des secteurs stratégiques comme l’agriculture et les TIC. Son approche combine innovation et pragmatisme pour répondre aux besoins immédiats et à long terme du pays.

Les défis structurels : Une économie en mutation

Industrialisation et infrastructures

Le retard dans l’industrialisation et le développement des infrastructures reste un frein majeur à la compétitivité économique. Les candidats doivent proposer des solutions concrètes pour stimuler l’investissement et moderniser les secteurs clés.

Climat des affaires et gouvernance

La complexité administrative, la corruption et l’instabilité réglementaire freinent les investisseurs. Une réforme profonde de la gouvernance est indispensable pour restaurer la confiance et favoriser un environnement propice aux affaires.

Capital humain et emploi des jeunes

La jeunesse camerounaise, majoritaire, fait face à un chômage élevé. Les programmes doivent intégrer des politiques de formation, d’insertion professionnelle et de soutien à l’entrepreneuriat pour exploiter pleinement le potentiel humain du pays.

Vers une élection décisive

Les programmes économiques des candidats à la présidentielle de 2025 reflètent une volonté de changement. Leur efficacité dépendra de leur capacité à répondre aux défis structurels du Cameroun et à offrir des solutions concrètes. Les électeurs devront évaluer la crédibilité et la faisabilité de ces propositions pour choisir le leader capable de conduire le pays vers une prospérité durable et inclusive.”

Par Alfred M. THYS EYOUM

 

 

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